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RÉSIDENCES

Les résidences de création

Les artistes en résidence de création ouvrent leurs répétitions au public. Retrouvez ces rendez-vous dans l’onglet « résidences » dans la programmation ici.

La Ville

D’après la deuxième version de La Ville de Paul Claudel
Mise en scène Émilie Lehuraux*
Avec Yann Del Puppo*, Gulliver Hecq*, Simon Jacquard*, Cindy Vincent* et Sefa Yeboah*
Scénographie et costumes Clara Hubert*
Création et régie lumière Zoé Robert*
Régie son Antoine Pusch*
Création musicale Félix Geslin
Du 4 au 14 juillet | TNS

La reprise de cette Ville de Paul Claudel, que nous avons travaillée dans le cadre des projets de Carte blanche de l’École du TNS, est née d’un désir commun de poursuivre la recherche autour de cette œuvre.

Après avoir exploré pendant cinq semaines les deux premiers actes, il convenait que nous ne partirions pas de l’École sans nous être frottés un peu au troisième. La pièce, en effet, était décrite par Claudel lui−même comme partageant deux grands temps : les deux premiers actes (précédant sa conversion catholique) comme ceux du doute et du questionnement, et le troisième (alors qu’il a communié) comme celui de l’apaisement et de l’espoir. L’idéologie catholique, comme souvent chez Claudel, est bien présente dans l’œuvre, pourtant elle n’en est pas le centre : à travers les questions qu’elle soulève, Claudel questionne ici l’organisation humaine et la capacité d’un groupe à organiser une société (et une société fondée sur quelles valeurs ?).

Avec, au cœur de notre recherche, l’acteur et la poursuite de l’expérimentation de nouveaux protocoles de répétitions, nous souhaitons employer ces dix jours à utiliser la salle de répétition vide comme un terrain d’exploration avec, bien sûr, Claudel comme guide. Pour continuer et pousser plus loin notre première étape de travail de février, notre objectif sera de chercher comment (comme diraient nos personnages), sans jamais rien expliquer, nous pouvons rendre tout cela explicable.

Émilie Lehuraux

*artistes issu·e·s du groupe 46 de l’École du TNS

L'Orchestre d'harmonie des jeunes de Strasbourg (OHJS)

Compositeur Frédéric Unterfinger | Chef d’orchestre Maxime Mauer
Du 4 au 10 juillet | Espace Grüber

L’OHJS enregistrera son premier album pendant La traversée de l’été en collaboration avec le compositeur Frédéric Unterfinger.

L’OHJS, créé en janvier 2019, est constitué d’une cinquantaine d’étudiant·es issus du Conservatoire à rayonnement régional de Strasbourg (CRRS), de la Haute École des arts du Rhin (HEAR) ainsi que d’autres filières de l’université de Strasbourg. Son objectif est de défendre le répertoire original pour ensembles à vent et percussions.

L’orchestre ne cesse de progresser depuis sa création, pour ce qui est de la taille de son effectif ainsi que du niveau des pièces abordées. L’OHJS souhaite ainsi marquer ses trois premières années d’existence par l’enregistrement d’un disque durant cette traversée de l’été. Cet album est réalisé avec l’intention de promouvoir les compositeur·rices locaux·ales et le répertoire original pour ensembles à vent. Ainsi,
l’orchestre passe une commande au compositeur Frédéric Unterfinger pour la création d’une œuvre.
Après l’enregistrement, des premières représentations mondiales sont prévues à l’automne 2022 à Strasbourg et dans la Région Grand Est.

Seront enregistrées :
Nautilus : pièce descriptive composée en 2017, librement inspirée par le roman de Jules Verne Vingt mille lieues sous les mers.
– Création : Fantaisies Symphoniques.

Peur & désir

Performance sensorielle d’après l’œuvre musicale de David Paolini
Mise en scène collective | Scénographie et costumes Ninon Le Chevalier*
Texte et mise en voix David Paolini et Dominique Jacquot | Musicien Bandit Minuit
Création lumière Thomas Cany* | Création sonore Foucault de Malet*
Avec la collaboration de Béatrice Dedieu
Du 4 au 23 juillet | TNS et en itinérance

L’envie de porter l’expérience Peur & désir au plateau est née lors de notre rencontre avec Ninon Le Chevalier, Foucault de Malet et Thomas Cany. J’ai travaillé cet album musical suite à ma participation à La traversée de l’été 2021 où j’ai co−animé une des émissions « Les ondes de La traversée ».

En écoutant cet album, masterisé pour être diffusé au coeur d’un espace défini, nous avons été saisis par l’universalité du texte, fragments de discours à l’Autre et à soi. Cette matière est le préambule d’une création sensible à partager avec le spectateur·rice, un endroit de partage singulier, qui convoque l’essence et les sens.

Au fil de nos échanges, une envie commune s’est renforcée : aller à la rencontre du public et des artistes de La traversée de l’été #3, créer du lien et une matière sonore partagée autour de ces questions individuelles, intimes, mais aussi collectives, liées à nos peurs et à nos désirs. Ces échanges, entretiens, discussions prendront la forme d’enregistrements sonores réalisés au cours de cette nouvelle édition qui nous serviront ensuite de matériaux de travail pour donner corps à cette œuvre.

Cette mise en scène collective a pour ambition de proposer une expérience qui quitte le récit musical live, pour explorer, par la force du plateau de théâtre, le travail de la lumière, de la mise en espace, de la spatialisation du son. De créer un espace ouvert à la réception de ces états de conscience et de parole. Dans ce projet, nous souhaitons placer le public au cœur de cette expérience.

Une envie initiée par un participant de La traversée #2 de l’été 2021 devient cet été une histoire collective qui rassemble artistes, élèves et publics.

David Paolini


*artistes issu·e·s du groupe 46 de l’École du TNS

Oasis Love

Texte, mise en scène et direction artistique Sonia Chiambretto
Du 21 au 29 juillet | TNS et en itinérance

Comme si faire parole était déjà « faire émeute ». Le moteur poétique de Oasis Love se trouve dans le sens de ce mot « émeute », littéralement « créer de l’émotion ». Pourquoi, dans les cités périphériques aux grandes villes, l’apparition des policiers provoque−t−elle, toujours ou presque, dans un réflexe de fuite, la course des jeunes gens qui y vivent, et, dans le même mouvement, la course des policiers ? Quel est le sens de ces courses−poursuites ?

Le texte de Oasis Love trouve son origine dans deux textes : Polices ! publié aux éditions de L’Arche en 2021 et Tu m’loves ? paru aux éditions Filigrane, la même année, avec les photographies de l’artiste Marion Poussier. Le texte Oasis Love en est le prolongement direct — tirant et mettant en tension ces deux fils rouges, la police et l’amour, tels qu’ils se vivent et se racontent dans les grands ensembles de nos quartiers périphériques.

Dans une langue brute et musicale, une langue française « étrangère », Oasis Love multiplie les points de vue et mixe textes de création et documents (archives, témoignages, screen shot …). Ce montage hétérogène invente, dans une chronologie syncopée et dans le désordre apparent de ses fragments, une forme poétique révélant, par le simple jeu de rapprochements d’éléments initialement étrangers, l’atlas sensible d’un grand ensemble, à la périphérie d’une ville qui se transforme peu à peu en Oasis.

Cette pièce écrite pour sept acteur·rice·s sera créée à Théâtre Ouvert en coréalisation avec le Théâtre Nanterre − Amandiers en septembre 2023.

Sonia Chiambretto

Collaboration artistique Yoann Thommerel
Avec Théo Askolovitch, Sonia Chiambretto, Lawrence Davis, Émile−Samory Fofana, Julien Masson et deux comédiennes
(en cours) | Assistanat à la mise en scène Pierre Itzkovitch | Régie générale Nicolas Barrot | Création Lumière Kelig Lebars | Lettrage et typographie animée Julien Priez | Scénographie et création vidéo, son, costumes (en cours)
Administration de production Fanélie Honegger
| Production Le Premier Episode| Coproduction Théâtre Ouvert, Théâtre Nanterre − Amandiers, Comédie de Caen, Théâtre National de Strasbourg, Les Nouvelles Vagues
Soutiens DRAC Normandie, Région Normandie, Département du Calvados, Artcena, Spedidam, Adami

Le Cœur au bord des lèvres. Asmahan/variation

Texte et mise en scène Dea Liane | Composition musicale Simon Sieger
Avec Dea Liane et Simon Sieger
Du 25 au 29 juillet | TNS

Asmahan, chanteuse égyptienne du début du XXe siècle, est, avant tout, une disparition.

Avant cette disparition, une vie que l’on ne peut raconter qu’en une suite d’imprécisions, d’approximations. Née en 1912 ou 1917. Morte en 1944, à 32 ou 27 ans. Deux films en noir et blanc, une vingtaine de chansons grésillantes, quelques photographies.

Beaucoup d’anecdotes déformées, de témoignages fascinés devenus légendes. Le récit romanesque de ses amours, de ses prises de risque, de ses tentatives de suicide, de sa mort spectaculaire dans les eaux du Nil.

Le mythe, tissé dans la grande Histoire, celle de la Seconde Guerre mondiale, celle du supposé « âge d’or » du monde arabe. Le culte dont elle fait l’objet, encore aujourd’hui. Aujourd’hui plus que jamais.

Elle est irrésolue, inconstante, insatisfaite. Elle est tiraillée, morcelée, écartelée entre toutes les vies contenues en elle, entre Le Caire et Damas, entre Beyrouth et Jérusalem. Elle est un mouvement constant, une fuite vers l’avant. Pas de répit, pas de repos.

On dit d’elle : c’est la diva des nuits du Caire. Mais c’est autre chose qui nous tient en haleine, qui nous attire à elle. Ce sont les lacunes qui nous obsèdent, les silences, les mystères irrésolus. Nous l’écoutons comme une promesse non tenue, nous la regardons comme un horizon aperçu brièvement il y a très longtemps, un horizon aperçu par nos aînés, qui nous ont raconté. Elle habite notre nostalgie la plus profonde, la plus doucereuse. La pire des nostalgies, celle pour un monde que nous n’avons pas connu.

Elle est une chanteuse, elle est une actrice, elle est une artiste. Surtout : elle est une sœur. Elle et lui. Son histoire est aussi celle d’un couple, d’un tandem, d’un duo.

Nous ne pouvons pas dire qui elle était vraiment. Nous pouvons la chercher, lui poser des questions, jouer avec elle. Nous pouvons la convoquer, nous pouvons l’inventer. On pourrait dire que c’est une enquête. Une enquête qui ne suivrait aucune logique, qui serait émotionnelle, poétique, paranormale. Elle est un fantôme que nous allons traquer. Nous allons à sa rencontre.

Dea Liane

Avec la collaboration de Célie Pauthe
Création vidéo Jérémie Bernaert
| Création lumières Sebastien Lemarchand | Scénographie Salma Bordes | Costumes Anaïs Romand | Traduction en arabe égyptien et voix du Journaliste Georges Daaboul
Production CDN Besançon Franche−Comté

Résidence d’écriture de Claudine Galea et Frédéric Vossier

Du 13 au 29 juillet | TNS

Claudine et moi, nous nous connaissons depuis longtemps. On a une chose en commun : l’approche du sexe dans et par l’écriture. Il y a une profonde différence qui nous oppose : l’acte de partage littéraire entre la fiction et la non−fiction. On a parié qu’on pouvait mêler nos écritures sur ce qui nous lie et nous sépare, en partant du Dernier Tango à Paris, grand film scandaleux où, à travers des formes de sexualité et un acteur aussi monstrueux que légendaire, Marlon Brando, le cinéaste Bertolucci explorait vertigineusement les rapports insidieux entre le réel et le fictionnel.

Frédéric Vossier

En 2022, la Traversée de l’été #3 vous propose 115 événements gratuits, animés par 40 artistes.